Vieillerie n°4 - HISTOREX - 1/32e

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Vieillerie n°4 - HISTOREX - 1/32e

Message  gribeauval le Ven 4 Aoû 2017 - 10:46

Salut à tous,
On continue donc la série des plaquettes anciennes. Celle-ci date de 1979. Son titre "La jument Pâquerette sauvée de la réquisition". Cette scène paysanne mérite quelques explications. Nous sommes en 1813. Contrairement au peuple des villes et chez les ouvriers où l'Empereur était populaire - durant tout l'Empire, Napoléon s'est toujours opposé à l'augmentation du prix du pain, base de l'alimentation - les ruraux avaient deux motifs de grogne voire d'hostilité envers le régime. D'abord, la conscription qui les frappait prioritairement; ensuite, la réquisition des bêtes, essentiellement des chevaux.
La situation, vous la connaissez:  la campagne de Russie s'est achevée en désastre, sur le plan humain, 300.000 hommes perdus, sur le plan matériel et animal, les estimations varient entre 100.000 et 120.000 chevaux perdus, tant de selle que de trait.
Dès le passage du Niémen, les ennuis ont commencé. Fidèles à leur tactique de toujours, les Russes, refusant le combat, se sont retirés systématiquement toujours plus loin dans l'immensité de leur contrée en pratiquant la "terre brûlée". Cela signifiait non seulement l'incendie des habitations mais celui des granges, hangars, dépôts et stocks de toutes sortes jusqu'à l'empoisonnement ou le comblement des puits. Il ne devait donc rien rester d'utilisable.
Or, la physiologie des chevaux implique une alimentation mixte où le fourrage sec (foin par exemple) est proportionnellement plus important que le fourrage vert. Sans foin, les chevaux de la Grande Armée ont été réduits à brouter uniquement l'herbe verte de la fin de printemps ou pire, les blés, seigles ou orges et autres céréales verts à forte fermentation. Résultat, dans les 6 premières semaines, 70.000 chevaux avaient péri: une catastrophe pour les régiments montés et autant pour les trains.
A la fin de la campagne, il n'y avait pratiquement plus de chevaux, même pour les officiers supérieurs.
Au retour, à travers l'Allemagne, la remonte est décevante: on manque de chevaux. Les haras sont vides, les élevages appauvris et, même à prix d'or, on ne parvient pas à suppléer aux pertes. Beaucoup de régiments sont réduits à un escadron ou 2 ramenés à 50 sabres au lieu des 120 réglementaires.
Vous avez là le tableau de 1813. L'Empereur décrète la réquisition de tous les chevaux à travers les 130 départements que compte l'Empire à cette époque. Les cours s'envolent et des officiers flanqués de vétérinaires parcourent les pays avec des bourses énormes, prêts à payer en bon or des bêtes de selle ou de trait. A l'époque, qui a des chevaux est riche !
Qui est chargé de l'application de la réquisition et de la répression des fraudes, c'est naturellement la Gendarmerie. Etalons, hongres, juments, tout est réquisitionnable. Pour les juments une exception est admise: les femelles poulinières sont exemptées. Et que font les paysans qui ont une jument encore jeune? Ils s'empressent d'aller la faire couvrir. Un vétérinaire atteste que la femelle est pleine et la bête échappe à la réquisition puisqu'elle va pouliner.
C'est tout le sens de cette plaquette où l'on voit le propriétaire de Pâquerette passer fièrement devant les pandores avec sa jument. A noter que cette bête, à l'élégante robe alezane, relativement rare, était le type même de l'animal convoité, surtout par les officiers. On en a vu se ruiner pour acheter de telles montures, en remplacement de celle d'attribution.
Quelques transformations mineures pour faire des paysans à partir de grognards n'ont pas besoin d'explications. Photos.

























Voilà. Il ne vous aura pas échappé des fautes de débutant dans les tenues des gendarmes. Trop fidèle à la notice, j'ai produit des hommes en grande tenue,
ce qui, surtout en zone rurale, devait rarement être le cas. Au lieu de l'habit, le surtout (pour le service) aurait été préférable. De même, le pantalon de cheval, voire la surculotte, aurait dû remplacer la culotte de peau. Le plumet, vu son prix, n'aurait pas dû surmonter le chapeau, tout comme les aiguillettes. Les gants auraient été simples, sans crispins, etc. Toutefois, le fusil à la botte était porté en cas de...
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Message  titi le Ven 4 Aoû 2017 - 10:51

Très sympa malgré tout ce petit dio. Cela nous rappelle le pourquoi de la création des haras nationaux par Napoléon. Very Happy

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Re: Vieillerie n°4 - HISTOREX - 1/32e

Message  voltigeur59191 le Ven 4 Aoû 2017 - 11:03

Peut être ancien mais c'est très bien fait ........Bravo
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Message  BIFFIN le Ven 4 Aoû 2017 - 13:59

Jolie réalisation et le thème en est plaisant et original.
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Re: Vieillerie n°4 - HISTOREX - 1/32e

Message  ROUNDABOUT le Ven 4 Aoû 2017 - 14:36

C'est beau , tout simplement et en plus ça raconte une histoire , merci !

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Re: Vieillerie n°4 - HISTOREX - 1/32e

Message  Invité le Ven 4 Aoû 2017 - 17:41

Salut Armand.
Bravo pour ce beau diorama.
À plus tard.
Jacques.
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Re: Vieillerie n°4 - HISTOREX - 1/32e

Message  lopez le Ven 4 Aoû 2017 - 21:28

Bonsoir,
Ok il y a plein d'erreurs que les spécialistes ne manqueront pas de relever. Mais moi je dis que voila un bien belle saynette, qui placée dans son contexte nous raconte une vraie histoire, la petite histoire dans la grande et le tout joliment peint.
Alors ne boudons pas notre plaisir.
Philippe

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Message  bristethobennic le Sam 5 Aoû 2017 - 9:08

Ces scènes de vie sont très appréciables.

Ca permet de passer à autre chose de temps en temps, plutôt que de batailles sanglantes.
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Re: Vieillerie n°4 - HISTOREX - 1/32e

Message  Borodino le Sam 5 Aoû 2017 - 15:49

Merci pour cette belle histoire.
Pâquerette mérite la grande tenue et m aux spécialistes

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Re: Vieillerie n°4 - HISTOREX - 1/32e

Message  gribeauval le Sam 5 Aoû 2017 - 17:13

Grand merci à tous.

Une dernière remarque qui peut, sinon tout expliquer, tout au moins aider à comprendre la situation militaire de la fin du règne.
Cette pénurie de chevaux fut fatale à Napoléon. Dans la plupart de ses batailles, la cavalerie avait, jusqu'à la campagne de Russie, joué un rôle tactique déterminant.
Lorsque l'Empereur, conscient du désastre, abandonne l'Armée pour rentrer aux Tuileries à bride abattue, il n'a qu'une idée en tête: reconstituer son armée au plus vite, sachant que les ennemis n'allaient pas tarder à se coaliser, une fois de plus, contre la France.
En quelques mois, au prix d'efforts inouïs et d'une activité fébrile mais dirigée d'une main de fer, en faisant appel à la conscription anticipée de plusieurs classes, il parvint à remettre sur pied une infanterie, à l'habiller presque entièrement, l'armer et l'équiper et à recréer une artillerie importante et solide, ainsi que les nombreux véhicules de support et de logistique de cette arme.
Seule, la cavalerie ne put se relever. Le manque de chevaux fut la principale cause de cet échec. En Russie, trop d'unités avaient perdu la quasi totalité de leurs effectifs et des montures naturellement. On dut dissoudre des régiments en nombre pour essayer vaille que vaille de reconstituer des unités tactiquement opérationnelles. On eut beau incorporer des Marie-Louise, il n'y avait pas assez de montures pour tout le monde. C'est avec ce lourd handicap, que commença la campagne de 1813.
Les défaites des lieutenants de l'Empereur, engagés dans des batailles qu'il ne dirigeait pas en personne, peuvent s'expliquer par le manque cruel d'une cavalerie solide, manoeuvrante et surtout nombreuse. La défaite de Leipzig s'explique en partie par le manque de cavalerie éclairant l'Empereur sur les différents fronts qui se concentraient contre lui. La bataille de Hanau fut gagnée grâce à l'artillerie de Drouot - toujours magnifique - et à trois charges de cavalerie, Garde et Ligne réunies, qui pulvérisèrent tout ce qu'elles avaient devant elles.
La campagne de France fut une merveille de manoeuvre tactique et le peu de cavalerie qui restait fit des prodiges, hélas sans suite.

Aux Cent-Jours, Davout, nommé Ministre de la Guerre, parvint à réorganiser l'armée en un temps record mais ne put, par la persistance de la pénurie de chevaux, compléter les régiments de cavalerie surtout de la lourde. Pour remonter les régiments de cuirassiers, il fallut faire appel aux chevaux de la Gendarmerie Impériale.
Toutes les brigades du territoire furent ainsi mises à contribution et... à pied et leurs montures attribuées aux régiments à reconstituer: cuirassiers, carabiniers, lanciers.
C'est ainsi que la campagne de Belgique - terminée à Waterloo - s'engagea avec des chevaux assez fatigués pour avoir parcouru des distances énormes juste avant d'être jetés dans la bataille.

Pour cette campagne, l'Empereur, qui se plaignait toujours de manquer de canons, manqua d'attelages pour son artillerie. Faute de bêtes pour le train, un grand nombre de pièces restèrent au Château de Vincennes - l'arsenal de l'Empire - où Wellington vint faire son marché. Elles sont aujourd'hui à la Tour de Londres, alors que nous n'avons pas de quoi remplir nos musées.

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Message  ubu-roi le Dim 6 Aoû 2017 - 8:03

Bien belle histoire, figurines Historex soignées j'aime j'aime, encore encore si vous avez
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Message  songer2903 le Dim 6 Aoû 2017 - 8:44

salut beau travail j'aime bien n
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